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 De profundis clamavi : l'expérience.

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Le Machiniste

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Date d'inscription : 03/09/2008
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MessageSujet: De profundis clamavi : l'expérience.   Lun 17 Jan - 22:21




DE PROFUNDIS CLAMAVI
L'EXPÉRIENCE
Avertissement. Ce que vous allez voir n'a rien d'un jeu.
Les individus présentés, et les évènements qui vont suivre, ont vraiment existé. Ces hommes et ces femmes n'étaient ni comédiens, ni volontaires ; ils n'avaient ni contrat, ni scénario. Quelconques pour leurs pairs, ils ont pourtant été scrupuleusement étudiés, choisis et introduits au cœur d'une expérience à grande échelle, une expérience unique baptisée DE PROFUNDIS CLAMAVI. Encore aujourd'hui, les origines, les principes et les objectifs de ce projet restent inconnus, ou purement spéculés par les Autorités ; aucune des pièces rapportées par leur enquête n'a pu tout à fait affirmer ou infirmer l'existence, et la disparition, de ces quelques dizaines, centaines, de potentielles victimes. Dix ans plus tard, sait-on seulement si de tels hommes et de telles femmes n'ont jamais existé, si pareille folie n'a jamais été entreprise par l'Humain...

Pour bon nombre, d'hier ou d'aujourd'hui, DE PROFUNDIS CLAMAVI n'est qu'un blasphème scientifique, violeur de toute éthique, une légende urbaine dévolue au Septième des Arts. Pourtant, ces hommes, ces femmes, ces êtres aux vies brisées, ont bien vécu et disparu. Un jour. Et ces enregistrements en sont l'unique et survivant souvenir.
Car Adrien Ferher était la preuve. Au milieu de ces images, de ces visages, il a été reconnu. Sa soeur l'a reconnu. Il était le seul. Il était la preuve. Mais où il n'y a pas de corps, il n'y a pas de crime. L’enquête fût close. Il ne reste rien. Rien que ce film.


© DE PROFUNDIS CLAMAVI.

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Dernière édition par Le Machiniste le Mar 18 Jan - 21:01, édité 2 fois
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Le Machiniste

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MessageSujet: Re: De profundis clamavi : l'expérience.   Mar 18 Jan - 13:47

Silence. Il ne pense plus, il exécute.
Sa silhouette, Il la traîne avec cette sorte de fureur malhabile qui prend les incapables plein d’orgueil. Pourtant, Il connait bien les lieux, Il en connait chaque recoin, chaque couloir, jusqu’au moindre centimètre carré de canalisation, jusqu’au moindre centimètre cube d’air impur, d’eau souillée ; il y a longtemps que cet endroit n’a plus de secret pour lui. Il y erre plus qu’Il n’y habite. Il hante plus qu’Il ne vit. Il reste là, inflexible autant qu’intemporel. Il a l’habitude de tout cela, de ce sempiternel manège. Ce n’est pas qu’Il se lasse du spectacle, seulement que ce théâtre le fatigue. Décors. Accessoires. Et, enfin, protagonistes. Il ne sait que trop bien les difficultés de sa mission, de son œuvre, mais Il le fait pourtant. Il ne s’agit pas de le vouloir, ou d’en avoir envie. Ce doit être fait. C’est tout.

« Je suis le Machiniste, répète-t-il inlassablement. Je suis votre hôte. » Eux, ces autres, ne comprennent jamais. Triviaux bestiaux, s’acharne-t-Il à pester dans le huis-clos de son esprit. Les yeux s’écarquillent plutôt. Toujours. La peur grandit. La colère monte. La frustration gagne sur l’incompréhension. Les esprits s’agitent. Et les corps se soulèvent. Mais Il a déjà disparu. Des heures auparavant. Alors que chacun sommeillait encore. Ce ne sont que des enceintes qui grésillent modestement. « Vous allez mourir. » Et comme sa voix ne fléchit pas, la sentence se suspend. Il n’y prend ni plaisir ni regret. Ce doit être fait. C’est tout. Et fusent les cris, et coulent les larmes. Puis viennent les premiers regards, bien lourds d’instinct ; inquisiteurs, craintifs, vindicatifs, et simplement humains. Chacun s’observe. Tous spéculent. Certains croient deviner. D’autres réalisent. Vainement. Il le sait. Tous. Toujours. Ce sont tous les mêmes êtres, et les mêmes animaux. La même race.

Exaspéré, Il crache sur l‘écran de contrôle. reflet du vivarium humain qu’Il entretient avec toute sa dévotion. Le temps d’essuyer l’immondice, Il n‘a qu‘à constater : un corps gît au sol, éviscéré et trempé de son sang. Déjà.
Étrange, persiffle-t-Il dans sa réclusion morale. Et derrière l‘ironie, l‘habitude : de vous allez mourir naissait toujours très étrangement vous allez tuer.

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Dernière édition par Le Machiniste le Mar 18 Jan - 13:49, édité 1 fois
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Le Machiniste

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MessageSujet: Re: De profundis clamavi : l'expérience.   Mar 18 Jan - 13:48

Adrien. Mon nom est Adrien Ferher, et je vais mourir.
J’ai lutté, je le jure. Depuis le premier instant. Et encore maintenant. Alors même que je suis résigné, résolu et déterminé, à mourir, je lutte encore. Contre la faim. Contre la soif. Contre le manque, la peur et le froid. Je lutte depuis des heures, et même des jours. Je ne sais plus. Je ne sais plus rien, ni contre qui, contre quoi, je me bats, ni ce que je fuis, ce que je cherche. J’ai oublié jusqu’au dernier visage que j’ai vu, jusqu’au dernier repas que j’ai pris. Je ne me rappelle ni le parfum de la rose, ni la saveur du pain. J’ignore jusqu’aux derniers mots que j’ai confié à ma sœur, jusqu’au dernier sourire qu’elle m’a rendu. L’étendue de mon ignorance est, en réalité, si vaste que la peur m’étreint, et me fait suffoquer. Si je le pouvais, je pleurerais. Oui, si je n’étais pas assoiffé par cette inlassable traque, je pleurerais sûrement.

Il vient. J’entends ces pas. Ellis. Un irlandais. Il ne parle aucun traître mot d’allemand ; aussi, le supplier ne servirait à rien. En fait, aucun de ceux que j’ai connus, ici, ne parlait la même langue que son voisin. Un métissage sanglant. Tantôt, Mathilde en avait payé le prix. J’aurais juré qu’elle était française. Une jolie rousse, chétive mais dangereusement fugace. Je n’avais rien compris de ce qu’elle avait haleté. Pourtant, elle m’avait imploré. Elle avait demandé pitié. Me supplier ne lui avait servi à rien. Je n’avais pu comprendre. Voilà quelle était mon excuse. Et voilà quelle serait bientôt celle d’Ellis, contre moi.

Il n’a aucune raison de me tuer. Il ne s’en tirera pas. Mais il croit, comme nous l’avons tous cru, que survivre aux autres vaudra de survivre tout court. Ce n’est pas qu’il soit naïf, il est simplement humain. Personne ne comprend ce que nous faisons là, pourquoi nous devons mourir, et pourquoi je vais le faire. Alors il faut bien croire, il faut bien espérer. C’est cela, ou la lente agonie, à devoir arracher quelques lambeaux de chair avec nos propres dents. Et pourtant… nous avons fait bien pire. J’ai fait bien pire. En vérité, et à tout prendre, même si j’avais eu la moindre chance de survivre à cela, j’aurais su préféré la mort à ces images, ces sensations, ce vide et cette latence... ce spectacle insensé avec lequel ce salopard d’Ellis devra lentement crever, de n’avoir ni le courage de se tuer, ni quelqu’un pour le faire.

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