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 Ava Neitkher

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AuteurMessage
Le Machiniste

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Date d'inscription : 03/09/2008
Nombre de messages : 659

MessageSujet: Ava Neitkher   Dim 30 Sep - 19:41

Ava Neitkher a écrit:


ava neitkher

AGE ; vingt trois ans

VILLE DE NAISSANCE ; Calgary (CA).

ORIGINES ; Allemano-canadiennes.

PROFESSION ; Etudiante en behaviorisme.

ARME ; No weapon, thanks.

GROUPE ; strangers.

JE SUIS QUI JE SUIS ; obsessionnelle - exigeante - persévérante - fascinante - fascinée - perdue - volubile.
freja beha erichsen - made by - crédit


" Un boxeur, ça boxe. "

Rocky Balboa.


with arms wide open

♠ UNE VISION D'HORREUR? - L'uniformité dans ce qu'elle a de plus effrayant. Un monde sans aspérité, sans défi, sans embuche. Des coquilles vides, des ames endormies. Le néant le plus total. Un monde où je n'aurais plus lieu d'être, où plus rien n'aurait de sens.

♠ L'HEURE QUE VOUS REDOUTEZ/ATTENDEZ ? - Le jour où il me laissera entrer. Je redoute et j'attends l'instant où, enfin, cet homme n'aura plus de secret pour moi.

♠ UNE ODEUR QUI VOUS A MARQUÉ ? - Le papier des carnet où je consigne la pluie, le beau temps, des rencontres, des mots en l'air, dégage une odeur délicieuse. Mêlée à l'encre, elle devient carrément enivrante. C'est quelque chose que personne d'autre ne peut comprendre. D'un autre côté, les effluves de mort qui trainent encore dans la vieille maison de ma tante ne risquent pas de me quitter de sitôt non plus.

♠ UN BRUIT DE FOND NÉCESSAIRE ? - La vie en général. Je ne suis pas différente du commun des mortels. Le silence me rend dingue. Aussi les discussions futiles, les bagnoles, les cris des gosses, des volets qui grincent... Peu importe. Tant que je m'agace, je suis en vie.

♠ QUEL AVENIR DESTINEZ-VOUS A CLIFTON ? - Un avenir ? Clifton est morte. Depuis belle lurette. Serait temps de faire son deuil.



life is a bullet

En dépit du peu d'intérêt qu'elle nourrissait pour une ville comme celle-ci, Ava s'était accordée une heure, juste avant le grand départ, pour arpenter ses rues. Plus que l'envie de rester, c'était surtout la promesse de néant total, ailleurs, qui lui soufflait l'envie de s'attarder encore un peu. Clifton avait des allures de cimetière poussiéreux, vaguement inquiétante, ennuyeuse surtout. La population locale passait pour battre des records de sectarisme, ce qu'elle avait vite noté lors de ses rares rencontres. Entre les bikers ringards, les sportifs décérébrés, les putes, les piliers de bar pro-peine de mort et la solitude, Ava avait vite fait son choix. D'autant que son séjour touchait à sa fin. Il ne lui restait plus qu'une brève formalité.

Elle n'eut aucun mal à retrouver le salon de tatouages. Coincé au milieu d'une ruelle crade, entre deux autres boutiques laissées à l'abandon, il se distinguait cependant par une étonnante salubrité. Ava s'attarda devant la vitrine, derrière laquelle s'étalaient quelques créations, soigneusement alignées sur un socle blanc. Lorsqu'elle poussa enfin la porte, l'intérieur confirma l'impression. Partout, de l'immaculé, de la propreté, de la sobriété. Rien qui n'appartienne à Clifton-la-sale en somme. Et la jeune femme se prit à ressentir une certaine déception. D'un tel trou à rats, elle s'était attendue, sinon à la mort, au moins à une bonne infection à l'aiguille rouillée. Un type ne tarda pas à pointer le bout de son nez pour la saluer d'un air absent. A en juger par son apparence, c'était bien lui le propriétaire des lieux. « Bonjour. Heu, voilà... » fit-elle de sa voix trainante, en s'approchant avec nonchalance. « Je voudrais quelque chose de pas trop grand, genre qui dépasse pas les dix centimètres. J'ai cent dollars sur moi. P'tête un peu plus. » « Et pour le visuel ? » « Ca n'a pas d'importance. Pourvu que ça ne prenne pas plus de trois quarts d'heure. J'ai de la route. » « Dites-moi. » reprit-il d'un ton égal. « Vous n'aurez qu'à laisser libre cours à votre imagination. » sourit-elle pour la forme. Cependant, l'idée ne sembla pas emballer son interlocuteur. Et alors qu'il se murait dans un silence embarassant, Ava commençait à perdre patience. « Je m'en fiche.. Disons, hm.. L'un de ces trucs dans votre vitrine. » « Ils ne sont pas de moi. » « Vous plaisantez ? » « Non. » L'idée lui parut tout bonnement absurde. « Alors de qui sont-ils ? » « Sailor Jerry. C'est indiqué en dessous. Donc, le motif ? » L'inflexion de la voix, tout comme le manque de coopération achevèrent de l'agacer tout à fait. Aussi se pencha t-elle sur le comptoir dans un sourire presque malveillant. « Je veux cette sorte d'ange bizarre, sur votre main droite. » Et tandis qu'il y jetait un coup d'oeil machinal, Ava se félicita d'avoir retourné la situation contre lui.

« D'accord. » La jeune femme, qui s'était déjà préparée à tourner les talons, se mit à le dévisager étrangement. « D'accord ? » « Où ça ? » Cette fois, il ne cacha plus rien de son impatience. Aussi, Ava renonça d'abord à son interrogation première. Elle désigna son omoplate droite, sans plus le lâcher des yeux. « Ce sera un peu plus grand que prévu. Autour des quinze centimètres, avec les détails du visage. Et il faudra bien compter une heure et demie. Pour ce qui est du fric, je prend cent cinquante. Ca ira ? » Ava hocha la tête. Elle n'avait pas écouté. Il lui fit signe de le suivre. La pièce attenante était encore plus aseptisée. Installée sur une banquette de cuir noir, elle fixa le mur, en face, vierge. Derrière elle, le type s'affairait sur un tabouret à roulettes, qu'il fit bientôt glisser au plus près. L'aiguille crissa dans un silence glacial et entreprit de mordre la chair sans autre forme de cérémonie. Reprimant quelques grimaces, Ava voulut distraire son esprit accaparé par la douleur, mais rien, dans un lieu aussi anonyme, n'aurait su l'y aider. « Pourquoi avez-vous accepté ? » demanda t-elle finalement. « Accepté que je vous vole votre tatouage. » « Vous ne m'avez pas volé mon tatouage. » « Vous voyez ce que je veux dire. » « Vous voulez ce dessin. J'ose espérer que vous avez de quoi payer. Ca me suffit. » « Ne jouez pas au plus con. » fit-elle, finalement exaspérée. « N'importe quel type, à fortiori un tatoueur, aurait refusé. C'est censé être.. Je sais pas.. Intime. » Et alors il émit une sorte de ricanement, qui la froissa plus que de raison. « Quoi ? Je viens de dire une connerie monumentale, peut-être ? » « Plutôt, oui. » « Et on peut savoir en quoi ? » Alors que sa main demeurait assidue, il poussa un profond soupir, comme déjà abbattu par l'effort que quelques mots lui demanderaient. « L'intime, ça ne se plaque pas à l'encre indélébile sur la peau. » Cette fois, ce fut au tour de l'étudiante de rire. « Donc si je comprend bien, toutes ces choses sur votre corps n'appartiennent à personne. N'importe quel étranger peut se pointer, vous dire qu'il veut vous ressembler comme deux gouttes d'eau, et vous, vous lui direz Amen. » Alors seulement il la libéra de l'aiguille, offrant à la peau meurtrie un répit salvateur. Elle le vit se glisser à ses côtés et étendre le bras sur la banquette. « Ca, vous le voyez ? Qu'est-ce que c'est ? » fit-il en désignant l'intérieur de son coude. Quelque peu destabilisée, Ava consentit cependant à se pencher. « Heu.. C'est un médaillon, il me semble. » « Et qu'est-ce que ça signifie ? » « Comment pourrais-je le deviner ? » siffla t-elle en haussant les épaules. « Voilà. Ce que vous voyez, vous pouvez le prendre. Pour ce qui est de ce que vous ne voyez pas, vous pouvez toujours crever. » Et il se remit à l'ouvrage. Dante ignorait alors à quel point il favait frappé l'esprit de la jeune femme. Ces mots, Ava les ressasserait inlassablement. Ces mots assureraient à eux-seuls le bien-fondé de sa quête, de sa fascination, de sa folie.

Elle supporta la suite en silence, animée d'une nouvelle flamme qui ne cesserait de grandir. Dante la vit sortir de sa boutique, comme un énième ombre. Au même instant, elle ne partait plus.



put your gun & wait

Dante est un petit con. Voilà pour la description personnelle.

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• CETTE IMMENSE NUIT SEMBLABLE AU VIEUX CHAOS •

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Ava Neitkher
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